Barbara Butch le 5 mars 2026 à Paris ( AFP / Joel Saget )
La ministre de la Culture Catherine Pégard a rencontré mercredi la DJ Barbara Butch lui affirmant sa volonté de protéger son "intégrité" à la suite de son concert interrompu à Grenoble et trois jours avant sa prochaine date.
Mme Pégard "a tenu à redire à Barbara Butch qu'elle était extrêmement attentive à son travail d'artiste et que son rôle était de protéger ses conditions d'expression en tant qu'artiste et d'assurer l'intégrité de son œuvre et de sa personne", a indiqué le ministère à l'AFP.
La DJ française de 45 ans doit être aux platines samedi soir à Saint-Martin-du-Tertre, un village de l'Yonne, dans le cadre d'un festival organisé par une association locale, Le Hameau. Il s'agit de sa dernière date prévue cet été.
La question de sa sécurité se pose après l'interruption le weekend dernier de son concert à Grenoble lors d'une action de militants propalestiniens et LFI répondant à un appel au boycott lancé notamment par la section iséroise des Insoumis.
Les militants lui reprochent sa participation, en 2025, à un événement organisé à la résidence de l'ambassadeur de France en Israël et d'avoir signé une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à "lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme", contestée et retirée depuis.
Selon Aurore Bergé, invitée sur RMC mercredi, Barbara Butch "a été chassée de scène parce qu'elle est juive". "Ils mettent des cibles dans le dos des Français juifs depuis le 7 octobre 2023", a poursuivi la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, mettant en cause La France insoumise et assurant que l'Etat allait "garantir (la) sécurité" de l'artiste.
Interrogé par l'AFP, Fabrice Paris, président du Hameau, tient à maintenir la prestation de la DJ. "On va se contenter de renforcer le dispositif de sécurité, en accord avec la préfecture", a-t-il dit.
Il a souligné s'être entretenu avec l'organisation locale de LFI qui lui a assuré n'avoir appelé qu'à boycotter le concert et "non à un acte physique" contre Barbara Butch. Le tract de LFI évoque en effet seulement "un boycott" du concert.
Paul-Antoine de Carville, maire LR de Sens (Yonne), dont l'agglomération englobe Saint-Martin-du-Tertre, s'est dit "extrêmement choqué par cet antisémitisme décomplexé, sous couvert de défense de la cause palestinienne". "LFI n’est définitivement plus un parti républicain", a-t-il ajouté dans un message transmis à l'AFP.
Après les perturbations survenues lors du concert à Grenoble, la justice a ouvert mardi une enquête pour "délit d'entrave concertée aux libertés".
La cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, a reconnu mercredi sur BFMTV que le tract distribué par des militants Insoumis était "mauvais" et a condamné insultes et jets de projectiles. Mais "il n'y a pas d'antisémitisme dans nos rangs", a-t-elle affirmé.
Figure des nuits parisiennes LGBT+, avec un univers musical électro-disco joyeux, Barbara Butch avait déjà été ciblée par un cyberharcèlement mêlant grossophobie, lesbophobie et antisémitisme après sa participation à la cérémonie d'ouverture des JO-2024.

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